FRANKIE COSMOS Vessel

25 Mar 2018

 

Frankie Cosmos fabrique une pop tendance indé, le genre de pop qui nous fait du bien parce que originale, non formatée, mais surtout, et c'est fondamental, bien exécutée.

 

Vessel est le troisième album du groupe. Derrière les voix féminines très douces (dont celle de Greta Kline en lead), c'est une formule guitare base batterie traditionnelle qui agit. Ressemblant à de sympathiques bluettes, les morceaux s'emparent de nous instantanément, facilement, comme le miel attire les abeilles. Les mélodies sont si facilement acquises que nous nous demandons si le groupe n'a pas chopé quelque part la recette magique pour manufacturer des pop songs parfaites.

 

Tout, à première écoute, semble couler de source. Le fleuve ne subit aucun tourbillon, aucune turbulence, et l'album irrigue chaque recoin de nos oreilles et de notre cerveau. Petites rythmiques sautillantes, voix candides, il n'en faut pas plus pour avoir envie de nous précipiter dehors, de tenir la main à un passant et d'aller, à cloche pied, jusqu'au bout du monde avec cet inconnu forcément sympathique. Vessel est un peu comme un printemps permanent quoi, comme un retour à l'innocence, comme une envie de barbe-à-papa, de pomme d'amour et de sucre d'orge.

 

Tout semble si simple, si évident, et, bien entendu, rien ne l'est véritablement. Les harmonies et les mélodies sont hypers chiadées, structurées, sculptées dans la matière sonore, stylisées et peaufinées à l'extrême. Les ajouts, comme de petites phrases musicales de trois ou quatre notes, surviennent aux moments où nous nous y attendons le moins. Surprises, contre-pieds, ruptures soudaines du rythme, nous voilà désarçonnés mais avec un grand sourire s'affichant sur nos visages.

 

Le groupe ne nous conduit pas là où nous désirions qu'il nous conduise, non, il nous emmène là où il le voulait. Nous qui pensions tenir les tenants et aboutissants d'un morceau, nous voilà égarés, heureux d'être trimbalés à droite à gauche parce que la surprise est tellement bien amenée qu'elle paraît, au fil des écoutes, parfaitement logique et comme allant de soi.

 

Vous l'aurez compris, Frankie Cosmos nous séduit avec sa pop légèrement teinté d'un je-ne-sais-quoi punk, taillée dans la plus jolie veine indie-pop américaine. Les morceaux sont brefs, mais possèdent tous un univers distinct s'assemblant à merveille avec le reste des compositions, amenant le groupe à produire un LP homogène.

 

Il ne nous reste désormais plus qu'à aller nous acheter une barbe-à-papa et d'écouter encore et encore ce disque lumineux, plein d'une énergie printanière annonçant la sortie de l'hiver et de nos tanières d'ours mal léchés.

 

 

 

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