CREEP SHOW Mr dynamite

4 Apr 2018

Inclassable. Incomparable. Insupportable parfois. Flippant. Lumineux. Insubmersible. Dérangeant. Dansant. Magnifique. Autant d'adjectifs pour qualifier ce disque ne ressemblant absolument à rien de connu. Voilà, Mesdames et messieurs la chronique de Mr Dynamite de Creep Show, objet musical non identifié  par excellence.

Électronique, jazzy, soûl, punk, hip-hop, les genres se mélangent étrangement. Comme deux entités antinomiques posées à la suite l'une de l'autre sans entrer en réelle fusion. Certains morceaux sont justes sublimes, reposant sur des beats simples, efficaces, aux sonorités old school tendance générique de jeu vidéo période
Atari, avec un groove quasiment irrésistible, accouplé à un chant percutant, et à des choeurs dynamiques qui apportent un souffle tubesque à ces compositions.

Les autres morceaux quant à eux ressemblant à de vagues collages que nous percevons comme mal boutiqués. Ils s'inscrivent presque dans un mouvement dadaïste, ou sont très proches du mouvement Do It Yourself que nous avons connu au mouvement punk. Si l'ensemble reste constitué de claviers sublimement vintages, souvent en léger décalage avec les rythmiques, amenant dès lors un effet syncopé vraiment pas dégueulasse, les voix vocoder à l'extrême arrivent à nous déstabiliser.

Alors, vers lesquels de ces deux types de morceaux notre cœur balance. A vrai dire, plutôt vers les seconds, car s'ils génèrent parfois un léger malaise, de celui de se retrouver face à une œuvre que nous ne comprenons pas vraiment, suscitant une perte de repères proches du vertige, la démarche nous laisse franchement groggy.

Si rentrer dans
Mr Dynamite reste assez complexe, déroutant, nous devenons bien rapidement accroc à ce disque. Est-ce une simple affaire de chimie, d'un déclic inconnu se produisant dans un quelconque recoin de notre cerveau, à base d'enzyme, de dopamine, de docile servilité ? Ou bien est-ce que nous reconnaissons à ce combo regroupant John Grant et Wranglers un génie pour le moment bien dissimulé derrière une pochette magnifique ?

Difficile à expliquer tant nos repères sont brouillés. Mais ne l'étaient-ils pas à une certaine époque lorsqu'un groupe comme
Radiohead nous pondait un Kid A balayant d'un revers de la main une dizaine d'années de tâtonnements pop pour faire pénétrer le groupe dans un univers numérique déstabilisant ?

Nous n'irons pas jusqu'à affirmer que
Creep Show ressemble au groupe d'Oxford, leurs styles respectifs restant aux antipodes l'un de l'autre, néanmoins il a le mérite de proposer une musique novatrice, un univers qui lui est propre, loin des sentiers battus, loin de toute idée préconçue de ce que doit être la musique.

Après, il ne vous restera plus qu'à vous faire votre propre idée. Nous, nous validons ce projet courageux qui nous hante, et c'est un euphémisme, depuis plusieurs jours.


 

 

 

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