DELAGE Loverboy beatface

17 Apr 2018

Un disque est sorti, dans un relatif anonymat. Il s'agit de Loverboy Beatface, de l'Allemand, basé aux Pays-Bas, Délage (Tim Hormann de son vrai nom).

 

Dès les premières mesures, c'est un saut dans le temps qui s’effectue, quelque part aux environs du Summer Of Love (1968 plus ou moins quelques semaines). Plus qu'un simple LP, il s'agit d'un voyage dans une époque révolue et aux sonorités que nous pensions perdues à tout jamais.

Dans ce
loverboy Beatface, nous retrouvons beaucoup de synthés, vintages il va sans dire, limite cheap, de guitares, folk le plus souvent, de motifs répétitifs simples, d'une voix hypnotique, lancinante, peu expressive (comprendre monocorde), perdu dans ses propres pensées pourrions-nous croire, et une boîte à rythme basique, du genre de celle que nous pouvions trouver sur des vieux orgues électroniques (pour ne pas citer la fameuse marque bontempi).

Rien de remarquable si l'on se concentre uniquement sur ce descriptif. Et encore, nous sommes gentils parce que nous pourrions penser à première vue que ce disque sent carrément l'antimite, que son propriétaire, dans un moment d'errance sous substance aurait pu l'avoir entreposé dans un placard depuis des lustres et qu'il avait fini par l'oublier.

 

Pourtant, ce disque est véritablement remarquable, dans le sens où vous êtes obligés de scotcher dessus dès la première note échappée des enceintes.

La sonorité dominante du disque se veut mate, presque étouffée. Si la réverb' et l'écho  sont présents, ils restent dosés de manière à ne pas polluer l'album. Ils lui confèrent un côté un peu ouaté, comme perdu dans les volutes de pétards émanant d'un coffee shop (n'oubliez pas que Délage est basé en Hollande). Halluciné,
Loverboy Beatface  s'écoute les yeux fermés, se danse à la manière de zombies sous prozac.

Mais quelle atmosphère il dégage ! Il est aussi addictif qu'un shoot d'héroïne avec ses mélodies imparables et ses lignes de chant que rien ne peut venir perturber. Pardon, nous disions mélodies basiques mais il ne faut pas vous y tromper, elles sont efficaces, s'entrelacent avec le chant ou bien lui servent simplement d'assise, le tout nous faisant parfois penser à ce que peuvent produire les
Au Revoir Simone.  Parsemés d'accords lumineux, nous sommes dans un ailleurs ensoleillé, loin d'une grotte obscure ou d'un placard qui n'aurait été ouvert depuis longtemps.

Le tout est très homogène, ne souffre d'aucune sorte de lassitude.
Délage est contagieux aussi, il nous donne envie de le faire découvrir à tout le monde. Pourquoi ? Parce qu'il est hors du temps, hors des modes, que l'album est hyper bien foutu, que la prod, dans son trip flower power, est irréprochable : si les synthés sont sur le devant de la scène, la voix légèrement en retrait n'en reste pas moins compréhensible.

Sa personnalité rend le disque indispensable. Il se dégage de lui une aura romantique, même si synthétique. Il est le fruit d'une époque révolue depuis longtemps, mais toujours fantasmée aujourd'hui. Remise au goût du jour avec une finesse et une grâce imparable,
Loverboy Beatface est un grand album du genre.

 

Sans exagérer.

 

 

 

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