RETROSPECTION JOEL MEYEROWITZ

8 Dec 2018

 

Comme ce titre l'indique, c'est toute la carrière photographique de Joël Meyerowitz qui est passée au tamis.

 

Ce livre d'art car c'en est un, fait la part belle à ses époques les plus significatives, celles qui l'ont vu grandir, s'affirmer. Devenir.

 

Les clichés sont classés des plus récents aux plus anciens, choix éditorial original qui nous permet de remonter le fil du temps, le cours de la vie.

 

Ces décades incertaines nous permettent alors d'ouvrir tout grand nos yeux. A la couleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prendre le temps.

 

Prendre le temps de nous poser l'espace d'un instant, de déguster une page ou deux, de feuilleter avec précaution tout autant qu'avec légèreté, ces images que nous propose un des plus grands maîtres contemporains que compte le monde de la photo: de rue ou pas, de couleur ou non, de paysages urbains, de portrait. Humer.

 

Enfin.

 

Enfin un vrai format de livre, 31,5 x 22, enfin du bel ouvrage qui nous offre ce confort inestimable, de pouvoir admirer et non observer ces photographies; sous tous les angles ou presque; troublante expérience que de pouvoir plonger au cœur même de ces double pages géantes, saisissantes de vérité, lorsque notre regard profane se confond alors avec celui de JM, ou qu'il croise celui de ces parfaits inconnus qui ne le sont plus. Véritablement.

 

Pour la première fois, nous voyions.

 

Pour la première fois, nous voyions comme l'auteur, nous sommes l'objectif, nous appréhendons cet environnement désuet, parfois obsolète, nous comprenons l'étrangeté à saisir, celle qui confère à ce bout de papier imprimé, toute son immortalité. Sa singularité. Au delà de l'aspect purement technique, scénique, réside chez JM ce désir incessant de vouloir tout essayer: changer de lentille, d'appareil, de chambre, de regard, nourrir cette force qui le pousse à quérir de nouveaux horizons. Encore et toujours.

 

Le pire.

 

Le pire n'est pas de goûter du bout des doigts à ces clichés étourdissants, uniques, à ces instantanés de vérité, non le pire est de constater que JM est cet artiste protéiforme qui sublime toutes les photos qu'il souhaite réaliser : portraits iconoclastes, instantanés de rue, paysages atypiques, clichés noir et blanc, nature morte, clichés de grand reporter.

 

Terrifiant.

 

Terrifiant d'intelligence, lorsqu'il juxtapose les clichés de "Ground zero" à ceux d'une toscane aride et séculaire, pétrifiant d'humanité, lorsqu'il shoote ces personnages hauts en couleur dans les rues de New York, d'Atlanta, de Paris, ces clochards célestes si chers à Kerouac, Bourroughs, Ginsberg. Il phagocyte l'ordinaire pour le rendre extraordinaire, il sculpte le sordide, le pathétique, l'insolite avec cette justesse de ton, de couleurs, qui n'appartient au fond qu'à lui. En se jouant des continents, c'est à dire en apprivoisant la vieille Europe et ses rues, ses quidams, c'est notre âme qu'il ravit. Il saisit cette vie qui se débat devant nous, sans que pourtant nous n'y prêtions gare.

 

Trois cent quarante et une pages plus tard, et après autant de lectures que de relectures, nous sommes toujours sous le charme de cet ouvrage, de cette rétrospection qui, n'a jamais aussi bien porté son nom. Autour de nous, les ombres se dissipent. Une à une .

 

Osons !

Osons la couleur, osons la vie...

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