LETTRES A JOSÉPHINE Nicolas Rey

21 Jan 2019

 

 


Nicolas Rey est le mec qui écrit avec sa paire de .... qu'il pose délicatement sur la table à manger, entre la poire et le dessert.

 

Il nous parle alors de sodomie, de cunnilingus tout comme des dernières vacances qu'il a passé avec son fils, dans l'attente de mourir d'une pancréatite aiguë.

 

Nicolas Rey est comme ça, il écrit comme ça.

 

Mais cette fois-ci, il nous parle de son dernier amour, qui bien évidemment se termine mal, très mal ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce dernier  livre de Nicolas Rey est à la fois jouissif et déroutant.

 

Jouissif car comme à l'accoutumée, Nicolas Rey,  dépeint les affres de son existence. ne nous cache rien de ses turpitudes sexuelles, amoureuses ou spirituelles, se concentrant sur ce qu'il sait faire de mieux au monde : parler de lui, de la vie qui grouille au fond de ses veines et pour laquelle il se consume. C'est d'ailleurs à ce prix, qu'il écrit avec autant de pertinence, de brio, d'impertinence.

 

N'écoutant que son courage ou ne l'écoutant pas d'ailleurs, il nous livre alors ses toutes dernières réflexions sur l'amour, l'amour déchu. Ce livre n'est d'ailleurs pas un livre, mais il sonne comme "Le traité du parfait-imbécile-heureux" qui commet alors tous les impairs possibles et inimaginables afin de souffrir le martyre, d'exhumer tous ses péchés défunts.


Cependant, ne nous leurrons pas : nous nous sommes tous fait jeter comme des m..... sans nom, écrasés, piétinés, massacrés par l'élu(e) de nos corps et de nos cœurs rabougris. Or, si nous avons commis l'erreur de croire que l'espace d'un instant, nous nous confondions avec ces excréments, nous n'avons pas pour autant gravé sur le papier, cette longue minute d'égarement, cette insoutenable poussière d'éternité.


Sous couvert de titres drolistiques, les chapitres s'enchaînent, nous laissant un gout amer en arrière-bouche. Ils ne sont ni vraiment cyniques, ou mélancoliques, ni toujours drôles. A y regarder de près, il n'y a même aucune colère légitime qui ne suinte entre les lignes : aucune envie de meurtre, de lapidation, d'éviscération de l’infâme bougresse qui crucifie ce bon vieux Nicolas Rey, hélas parfait dans ce rôle de l'ingénu transi. Gasp...

 

D'ordinaire, Nicolas Rey nous ravit. Il exhibe fièrement cette intelligence, cette acuité, cette pertinence qui est la sienne et qui fait de lui cet écrivain si singulier. Or ces lettres à Joséphine, nous gênent aux entournures, lorsque l'auto-apitoiement devient parodique, qu'il se confond avec l’écho de nos propres existences, qui elles, ne méritent décemment pas d’être écrites ou racontées. Déroutant.

 

Gageons qu'enfin débarrassé de cette fantômette de supermarché, le prochain livre de Nicolas Rey soit à l'instar de son auteur, unique. Nous n'en doutons pas et nous n'en n'avons jamais vraiment douté, mais parfois il est des chagrins d'amour qui nous font écrire vraiment n'importe quoi ...

 

Please reload

Articles Récents
Please reload

Archives
Please reload

  • Facebook - White Circle
  • Twitter - White Circle
  • 1447126333_mail-icon