LUH Love hates what you become

23 Jan 2019

 

Le second album est depuis la nuit des temps, le passage périlleux qui voit de jeunes loups affamés s’installer durablement dans le paysage audio, ou au contraire disparaître dans les abymes les plus sombres et les plus noires, forcément mortifères.

 

LUH  n’échappe pas à la règle de s'y cogner le front, les dents, de s'y limer la mâchoire, même s'ils ont enregistré la galette auprès du monsieur qui enregistra aussi Sigur Ros.

 

Et la musique du coup nous en parlons ? Ah oui c'est vrai, eh oh let's go !

 

 

 

Eh oh let's go !

 

Sous cette accroche, que les plus érudits d'entre vous auront immédiatement identifiée, se cachent des réminiscences punks, que le premier album ne révélait pas,peu ou que le duo n'affichait pas avec autant de fierté. Il faut croire que s'installer quelques temps à Manchester, dans un quartier pouilleux, favorise l’émergence d'une fougue toute rimbaldienne.

 

N'oublions pas, n'oublions jamais qu'une des forces majeures de ce duo réside dans sa capacité à écrire des complaintes, portée par une voix, celle d'Ellery Roberts dont la tessiture nous ouvre littéralement les entrailles, comme si l'univers tout entier s'invitait en nous. A une encablure, se tient Ebony Hoorn, transfuge amsterdamien, qui de sa voix féminine, souligne comme seuls les anges savent le faire, les envolées telluriques de son amoureux. De musicien.

 

Trouvant mille raisons équivoques, le duo trace des mélodies qui s'entrecroisent, se chevauchent, se pourchassent, s'interpellent au grès de leurs envies. Les tempi se désagrègent, les arrangements se défont, une fragilité inquiétante, autant qu'étourdissante se fait jour alors qu'Ebony  prend la direction des chansons. Du moins nous semble t-il. 

 

Et puis comme pour mieux éviter que cette histoire ne vire (trop) à la bleuette, Luh décide de basculer vers une ambiance d'obédience batcave, trahissant une beauté vénéneuse qui n'est pas sans nous rappeler les grandes heures de the Mission. Sonnant le glas de cet album, assurément protéiforme, les Luh disséminent les atmosphères, testant les sonorités, les essences pour éviter  de trop se perdre, de trop nous perdre.

 

Le premier album se voulait fédérateur, celui-ci se veut explorateur,  le troisième album se voudra...

 

Hâte !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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