ELLIOT SMITH Thierry Jourdain

8 May 2019

 

Dire que nous avons failli rater cet artiste, cette musique, ce livre ...

 

Cet auteur a eu au moins le mérite, de nous (re)mettre une bonne petite claque derrière les oreilles, en nous rappelant définitivement les faits suivants.

 

Personne ne devrait raisonnablement ignorer cet artiste maudit, cet ange dont les ailes peinèrent à se déployer, mais qui, malgré tout, malgré lui, réussit  à nous offrir une poignée d'albums.

 

Incontournables. Cultissimes. Éternels.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


C'est l'histoire d'un petit gars, Elliot Smith, que la vie dévore peu à peu, et dont la seule échappatoire, véritable est d'écrire une musique atemporelle, aux accents folks, parfois pop ou rock, mais toujours d'une douceur  extrême. Extrême à l'image de sa vie, de sa mort, de son œuvre. Comment est-il alors possible d’écrire une musique aussi belle, tout en la saupoudrant de paroles terribles et de pouvoir transformer le chaos de toute une  vie en lumière céleste ?

 

C'est à cette question emblématique que tente de répondre Thierry Jourdain, en suivant la chronologie des sorties d'album, des échecs autant que des succès, comme autant de marqueurs emblématiques qui définissent les contours aiguisés de ces périodes de gestation créatives. Troublantes.

 

Ainsi, les textes des chansons habilement commentés, nous permettent de fouiller à la fois, et la poésie urbaine d'ES et les affres incommensurables de son existence, comme autant de respirations, de substrats que son ADN ne cesse de convoquer, jour après jour, album après album, année après année. Tourments après tourments.

 

Les histoires d'amour finissent toujours mal, le succès même que connait Elliot Smith, lors de la cérémonie des Oscars en 1988, pour sa participation à la musique du film de Gus Van Sant, paradoxalement ne l’épargne pas. Alors que ses pairs l'adoubent, que le public réclame à cor et à cri ses  mélopées étourdissantes, ES se renfrogne, doute, se renferme un peu plus sur lui-même, sur son art, sa portée éminemment artisanale. Partisane.

 

Au fil des pages, et à mesure qu'ES avance dans sa propre existence, il apparait évident, le contraire nous aurait d'ailleurs paru suspect, que l'alcool, les drogues récréatives puis dures, deviennent au quotidien, des béquilles chimiques indispensables à son équilibre émotionnel. Elles lui permettent alors de pouvoir rester pour quelques instants encore, l'ombre de lui-même, de faire illusion sur scène, en studio, alors que ses ailes de séraphin se nécrosent. Dangereusement. Définitivement.

 

Sa disparition prématurée restera un mystère. Violente. Désarmante.

 

D'une certaine manière, elle lui sera pourtant fidèle,  exhibant seulement aux yeux de toutes et de tous, l'abyssale difficulté d'être Elliot Smith, ce petit garçon qui, à l'instar de Ferdinand le taureau au grand cœur, préférait humer les fleurs, que de combattre dans l'arène.

 

Seule l'idée d'un repos éternel, chèrement  acquis, nous console ... un peu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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