Et les BEATLES montèrent au ciel Valentine Del Moral

19 Sep 2019

 

30 janvier 1969.

 

A la base, une idée : réaliser un film documentaire sur les fab four, jouant sur le toit de leur compagnie de disque Apple, en plein cœur de Londres, capter ces images, cet instantané de ceux qui, durant dix ans ou presque ont révolutionné le monde de la pop, du rock, de la musique.

 

A cet instant fatidique nul ne sait encore que les Beatles gravent sur bande, leur épitaphe. Ni plus. Ni moins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fait froid, le vent cingle les visages, il creuse les grimaces, force les sourires, crispe les doigts, les cœurs et les âmes sont échaudés. Il faut dire que depuis deux années les Beatles n’ont pas joué en live, éreintés qu’ils sont par des tournées toujours plus imposantes, l’agoraphobie développée par Georges Harrisson en est symptomatique, tout autant que les difficultés rencontrées par le groupe lors de la réalisation de leur dernier album studio, Abbey road.

 

Les boys savent que la fin du groupe est imminente.

 

C’est pourtant dans cet état d’esprit singulier, qu’ils décident de réaliser ce film (Let it Be), entre prises studio et live filmé sur le toit de l’immeuble qui abrite leur compagnie de disque. Sans véritable public, pourvu seulement de quelques fidèles, de leurs compagnes, d’employés de la compagnie, de ceux qui gravitent autour du 3 Savile Row de Londres curieux ou salariés égarés lors de la pause déjeuner, vont et viennent. Tout concourt à ce que ce concert soit, l’ultime sursaut du plus grand groupe de rock que la terre ait jamais porté.

 

Pourtant, lors de quelques instants musicaux, hélas évanescents, la magie semble opérer, faisant alors reculer les rumeurs, les tensions. Durant ces quarante deux minutes de légende, puisqu’il s’agit du dernier concert des fab four (qui pour l’occasion sont cinq, avec au clavier Billy Preston), le groupe joue seul sur son toit ou presque ; il enchaîne les prises de vue, les enregistrements, dans une indifférence qui confère au surréalisme. En effet l’auteure s’attache à rendre compte précisément du brouhaha indescriptible qui règne entre chaque prise, entre chaque morceau, du va et vient incessant de ces personnages hauts en couleurs, habillés de ces anecdotes fidèles. Chacun, chacune, tue le temps de ce trente janvier 1969 à la météo particulièrement capricieuse, comme il peut.

 

Dehors les passants, les quidams en goguette, y compris les policiers qui accourent pour mettent fin à ce carnage musical, eux, restent stupéfaits ; instinctivement, ils perçoivent que ces notes de musique dispersées aux quatre vents londoniens, sonnent comme elles ne l’ont jamais fait auparavant : elles sonnent le glas de ce qui fut, de ce qui restera à jamais le plus grand groupe de rock du monde.

 

Aujourd’hui. Et à jamais…

 

 

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