NICK CAVE GHOSTEEN

5 Nov 2019

 

Un cri.

 

Celui d'un père. D'un fils parti trop tôt.

Une aube assassine, un crépuscule rageur. Un piano, des notes qui s'égrènent, une à une. Une lueur au loin. Un espoir.

 

Le calme d'une apogée.

Celui d'un lendemain pourtant enchanteur. Une caresse, un rendez-vous, un cœur qui palpite…encore.

 

 

 

 

 

 

Ne pas chanter. Susurrer et suggérer. Psalmodier les versets de cette respiration. Guider cette voix. Luxuriante, calme et mélancolique à la fois. Accoucher de cette retenue, inédite. L'accoupler aux silences, se jouer des interstices, singer le temps.

Nous apaiser.

 

Relayer les anges déchus. Oublier. Couvrir d'oripeaux chatoyants, ces instants nus, décharnés. Travestir les mots, maquiller cette fragilité avilissante. Graver cette symphonie. Pastorale. Tresser ces harmonies, les glorifier. Les sanctifier.

Nous pacifier.

 

Dépouiller les extrêmes. Poursuivre les fantômes, émasculer les arrangements. Incongrus. Cirer les galets, digérer les embruns. Pardonner ces falaises assassines. Bousculer le serpent d'os, avancer pas à pas. Encore. Jouir de cette lumière inespérée.

Nous étonner.

 

Découvrir. Aimer encore, draguer l'horizon. Publier. Accepter les regards. Grandir et déguster les astres, comme au premier jour. Assassin. Oser. Ecrire, user de toutes ses forces. Danser au premier bal. Tanguer et s'enivrer. Crapahuter cette mélopée, la consacrer.

Nous cajoler.

 


Balbutier ce cantique, servir les indigents. Crucifier les fantômes. Élucider. Gratifier les innocents. Fourbir ses armes. Une à une. Aiguiser le charme. Vénéneux. S’enivrer. Humer l’éternité, admirer les feuilles mortes, de cet automne si coloré.

Vivre…

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