ARCHIVE La claque ! La belle électrique Grenoble le 20/11/2019

26 Nov 2019

 

Aussi bizarre qu'il puisse y paraître, les Archive fêtent dignement leurs 25 ans d'existence, alors que le temps ne semble pas les affliger. il faut dire que ce groupe, qui n'en est pas vraiment un, ressemble plutôt à une hydre dont chaque artiste, chaque musicien qui vient se greffer au projet, l'espace de quelques années, le régénère, le fait évoluer, le nourrit.

Aucune première partie pour fêter dignement cet anniversaire mais bien 2h30 de concert affiché, qui musicalement retrace toute la carrière du groupe, notamment le dernier album publié en date, 25, c'est à dire toutes les saveurs, les ambiances, car s'il y a bien un paradoxe que cultive ce groupe c'est celui d'avoir une carrière quasi exemplaire, affichant une belle identité musicale tout en assumant des albums parfois aux antipode les uns des autres...

 

Ce soir la couleur est rock : le son est fort, la basse est insupportable, tant elle se confond avec le bruit d'un avion de ligne au décollage et ne cessera de projeter tout au long de la soirée qu'une bouillie auditive dont nos oreilles se seraient bien dispenser. Mais le ton est donné, les premiers morceaux envoient le bois, le groupe joue sa partition sans temps mort, préférant ne pas interagir avec le public de fidèles, mais plutôt se concentrer sur l’enchaînement des morceaux. Rapides. Précis. Intrigants. En effet, les lights viennent mettre tout le monde d'accord  : outre les ambiances colorées qui se succèdent, la tendance clair-obscur domine les sept musiciens qui s'affairent sur scène, elle ajoute du mystère tandis qu'une vision kaléidoscopique se précise. Les photons fusent dans la salle, ils envahissent nos rétines, saccadent notre perception de l'environnement, de la musique.

 

Bizarrement l'ambiance du concert vire à la transe.

Il faut avouer que les pas de danse qu'esquive nonchalamment Pollard Berrier sont à la fois chaloupés et syncopés, hasardeux et précis, singeant cette musique qui pénètre lentement nos psychés. Les ritournelles sous l'action conjuguée des trois chanteurs qui se relaient derrière le micro, n'ont de cesse de se graver durablement dans nos mémoires auditives. Notons que leur interprétation en live est parfaite, aucune fausse note ne s'échappe de leurs gosiers, malgré la difficulté des mélodies, des tierces à chanter, qui bien souvent en voix de tête. Pendant ce temps d'alternance vocale, les membres fondateurs d'Archive qui se font face, derrière leurs claviers respectifs, semblent alors se défier ou selon les instants, se compléter. L'un est timoré, l'autre est survolté et passe son temps à haranguer la foule qui n'en demande pas tant, tandis que le jeu particulièrement efficace du batteur propulse la musique du groupe dans une autre dimension.

 

Les esquisses lumineuses défilent les uns après les autres, les morceaux s’enchaînent, même les plus calmes ont leur place dans ce tableau pour le moins idyllique, puisque les douze albums studio sont (re)visités pour l'occasion. Difficile de faire un choix, difficile de ne pas se laisser porter par ce déluge de morceaux qui à l'instar des madeleines de Proust nous évoquent tant de moments oubliés, volés ou égarés.

 

Deux heures trente de concert, la musique s'arrête, les lumières blanches et crues à la fois se rallument, nous laissant interdits, stupéfaits, pantois. Pantois devant cette cuvée 2019, cet anniversaire qui, à bien des égards, a tenu toutes ses promesses et bien plus encore alors que d'aucuns prêtaient à Archive, un avant goût de naphtaline ...

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